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<title>Awa</title>
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<description>Le souvenir a le même pouvoir que l'écriture. (Amélie Nothomb)</description>
<language>fr</language>
<copyright>Copyright &amp;copy; 2005 NoxBlog.com </copyright>
<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 20:31:59 +0100</pubDate>
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<title>Awa - NoxBlog.com</title>
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</image>
<item>
<title>Suite du texte précédent (sous forme de scénario)</title>
<description><![CDATA[<p align="center">
<span style="font-size: 16pt">Ratage
de fin de soir&eacute;e</span>
</p>
<p>
<span>&nbsp;</span>
</p>
<p>
<strong><span>Sc&egrave;ne 1&nbsp;:</span></strong>
</p>
<p>
<span>Dimanche matin, Rapha&euml;l est seul dans son
salon, il r&eacute;fl&eacute;chit. La lumi&egrave;re du jour perce entre les lattes du store. Il
boit une tasse de caf&eacute; en fumant une cigarette. Sur la table basse est pos&eacute; le
brouillon d&rsquo;une annonce qu&rsquo;il h&eacute;site &agrave; envoyer au journal local pour retrouver
une jeune femme qu&rsquo;il a rencontr&eacute;e un soir de d&eacute;tresse et qu&rsquo;il aimerait
revoir, mais qu&rsquo;il a peur de recontacter.</span>
</p>
<p>
<span>Soudain, le t&eacute;l&eacute;phone sonne.</span>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l (la voix un peu endormie de celui qui a
pass&eacute; sa nuit &agrave; m&eacute;diter)&nbsp;: &laquo;&nbsp;All&ocirc;&nbsp;?!&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Julie ( le ton h&eacute;sitant et g&ecirc;n&eacute;)&nbsp;:
&laquo;&nbsp;Bonjour, j&rsquo;esp&egrave;re que je ne vous d&eacute;range pas trop&hellip; Je suis la femme &agrave;
qui vous avez donn&eacute; une cigarette dans la for&ecirc;t il y a trois semaines&hellip; Une de
mes amies qui vous conna&icirc;t m&rsquo;a donn&eacute; votre num&eacute;ro de t&eacute;l&eacute;phone et j&rsquo;ai beaucoup
h&eacute;sit&eacute; &agrave; vous appeler, mais j&rsquo;avais envie de vous revoir&hellip;&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l&nbsp;(enthousiaste)&nbsp;: &laquo;&nbsp;oh,
si vous saviez &agrave; quel point je suis heureux d&rsquo;enfin entendre votre voix&hellip; Je ne
savais moi-m&ecirc;me pas comment vous retrouver et je suis tr&egrave;s content que vous
ayez pris l&rsquo;initiative&nbsp;!&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Julie (soulag&eacute;e)&nbsp;: &laquo;&nbsp;Vous aimeriez
venir boire un caf&eacute; avec moi&nbsp;cette semaine&nbsp;?&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>R&nbsp;: &laquo;&nbsp;Avec grand plaisir, je suis
libre tous les soirs, choisissez celui qui vous convient le mieux.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>J&nbsp;: &laquo;&nbsp;Moi aussi en fait&hellip; Ma vie
sociale n&rsquo;est pas tr&egrave;s passionnante en ce moment. Que diriez vous de mardi
soir&nbsp;?&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>R&nbsp;: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est parfait. 20h au Caf&eacute; de
V&eacute;nus&nbsp;?&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>J&nbsp;:&nbsp; &laquo;&nbsp;J&rsquo;y serai, v&ecirc;tue de ma
plus jolie robe&nbsp;!&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>R&nbsp;: &laquo;&nbsp;Alors &agrave; mardi&nbsp;!&nbsp;J&rsquo;ai
h&acirc;te de vous revoir.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>J&nbsp;: &laquo;&nbsp;Moi aussi.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>&nbsp;</span>
</p>
<p>
<strong><span>Sc&egrave;ne 2&nbsp;:</span></strong>
</p>
<p>
<span>Mardi soir,<span>&nbsp; </span>18h.<span>&nbsp; </span>Julie,
l&rsquo;&eacute;pilateur dans la main gauche et le mascara dans la droite se pr&eacute;pare. Elle
est stress&eacute;e, malgr&eacute; la coupe de cheveux hors de prix qu&rsquo;elle s&rsquo;est offerte
cette apr&egrave;s-midi. Elle va bient&ocirc;t essayer sa plus belle robe rouge qu&rsquo;elle n&rsquo;a
pas remis depuis le mariage de sa cousine il y a cinq ans. Elle a le trac, son
c&oelig;ur palpite et ses mains tremblent.</span>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l, &agrave; l&rsquo;autre bout de la ville, se pr&eacute;pare
aussi. Il boit un verre de gin pour se donner un peu de contenance et enfile une
paire de jeans et une chemise verte assortie &agrave; la couleur de ses yeux.</span>
</p>
<p>
<strong><span>&nbsp;</span></strong>
</p>
<p>
<strong><span>Sc&egrave;ne 3&nbsp;:</span></strong>
</p>
<p>
<span>Caf&eacute; de V&eacute;nus, 19h55. Un homme attend devant la
porte avec un bouquet de roses (de nombre impair &eacute;videmment). Pour une fois, il
ne fume pas de cigarette pour ne pas alt&eacute;rer son haleine fra&icirc;che. </span>
</p>
<p>
<span>A 20h04 (ni trop t&ocirc;t, ni trop tard), une jolie
femme drap&eacute;e de soie rouge fait son entr&eacute;e. Son pas est assur&eacute; malgr&eacute; la paire
de talons aiguilles qu&rsquo;elle porte.</span>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l (tremblant et tendant son bouquet de
fleurs)&nbsp;: &laquo;&nbsp;Bonsoir, comment allez-vous&nbsp;?&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Julie (un peu moins mal &agrave; l&rsquo;aise que Rapha&euml;l) :
&laquo;&nbsp;Bonsoir, merci pour les fleurs. On pourrait se tutoyer non&nbsp;? Je
m&rsquo;appelle Julie.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>(Malgr&eacute; la remarque de Julie, le tutoiement ne
s&rsquo;installe pas. Les deux personnages ont envie de proximit&eacute;, mais ils
n&rsquo;arrivent pas &agrave; d&eacute;truire leurs barri&egrave;res.)</span>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l&nbsp;: &laquo;&nbsp;Moi c&rsquo;est Rapha&euml;l.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Julie&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je sais. Mon amie Florence
qui travaille avec vous me l&rsquo;a dit.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l&nbsp;(pris au d&eacute;pourvu)&nbsp;:
&laquo;&nbsp;Ah&hellip; Euh h&eacute; bien puisque les pr&eacute;sentations sont faites, que diriez-vous
d&rsquo;entrer&nbsp;?&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>Julie&nbsp;: &laquo;&nbsp;Allons-y.&nbsp;&raquo;</span>
</p>
<p>
<span>&nbsp;</span>
</p>
<p>
<strong><span>Sc&egrave;ne 4&nbsp;:</span></strong>
</p>
<p>
<span>Survol de la ville de Mars. Il pleut. Gros plan
sur la fen&ecirc;tre du Caf&eacute; de V&eacute;nus. Les visages de Julie et Rapha&euml;l se dessinent
derri&egrave;re la vitre flout&eacute;e par les gouttes d&rsquo;eau. Ils rient et ont l&rsquo;air
heureux.</span>
</p>
<p>
<span><span>&nbsp;</span></span>
</p>
<p>
<strong><span>Sc&egrave;ne 5&nbsp;:</span></strong>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l et Julie sont dans la voiture de
Rapha&euml;l. Ce dernier propose &agrave; Julie de venir boire un dernier verre chez lui. Elle
refuse. Rapha&euml;l ne comprend pas la raison de son refus. Ils se disputent. Julie
dit &agrave; Rapha&euml;l qu&rsquo;il est comme tous les autres qui ne pensent &laquo;&nbsp;qu&rsquo;&agrave; la
sauter&nbsp;&raquo;, elle sort de la voiture et dispara&icirc;t sous la pluie avant que
Rapa&euml;l n&rsquo;ait le temps de r&eacute;agir.</span>
</p>
<p>
<span>&nbsp;</span>
</p>
<p>
<strong><span>Sc&egrave;ne 6&nbsp;:</span></strong>
</p>
<p>
<span>Rapha&euml;l boit son dernier verre tout seul dans
son appartement. Il finit la bouteille de vodka entam&eacute;e trois semaines plus
t&ocirc;t&hellip;</span>
</p>
]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-8.html</link>
<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 13:33:09 +0100</pubDate>
</item>
<item>
<title>Texte inspiré d'un personnage d'une participante du groupe d'écriture</title>
<description><![CDATA[<p>
Il est 20h, la nuit est tomb&eacute;e
depuis un moment d&eacute;j&agrave;, mais je cours en regardant d&eacute;filer les silhouettes
noires des arbres. J&rsquo;essaie de ne penser &agrave; rien et d&rsquo;&ecirc;tre en harmonie avec mon corps
et la nature environnante, mais je peine &agrave; y arriver. La tristesse me gagne
comme souvent lorsque je me retrouve seule avec moi m&ecirc;me. Quand je suis en
soci&eacute;t&eacute;, il me suffit de me r&eacute;fugier derri&egrave;re l&rsquo;ironie et le sarcasme pour
donner le change et faire croire que je vais bien, mais quand je suis seule, je
ne peux pas tricher sur mes sentiments et ils finissent toujours par s&rsquo;imposer
&agrave; moi d&rsquo;une mani&egrave;re ou d&rsquo;une autre.
</p>
<p>
Il est maintenant 20h15, je sens
une boule de chagrin qui grossit dans mon ventre et m&rsquo;emp&ecirc;che de continuer &agrave;
courir. Je m&rsquo;arr&ecirc;te et m&rsquo;assieds sur une pierre au bord du chemin. Les larmes
forcent le passage jusqu&rsquo;&agrave; mes yeux et, malgr&eacute; ma r&eacute;sistance, je ne peux les
emp&ecirc;cher de couler. Toutes mes &eacute;motions refoul&eacute;es remontent &agrave; la surface, je ne
peux plus m&rsquo;arr&ecirc;ter de sangloter et de pleurer. 
</p>
<p>
Soudain, je sens une pr&eacute;sence. Je
rel&egrave;ve la t&ecirc;te et voit un homme entrain de fumer une cigarette en me regardant.
Ma premi&egrave;re r&eacute;action est une r&eacute;action de col&egrave;re. Cet l&rsquo;homme n&rsquo;a-t-il vraiment
rien de mieux &agrave; faire que de se d&eacute;lecter du malheur des autres&nbsp;? Mais,
quand mon regard croise le sien, je ressens un &eacute;trange sentiment de
compr&eacute;hension mutuelle. Il a un regard franc et direct, mais rempli d&rsquo;amertume.
Nous nous contemplons pendant plusieurs minutes sans &eacute;prouver de g&egrave;ne, il n&rsquo;y a
pas une once de s&eacute;duction dans nos regards respectifs. Pour la premi&egrave;re fois
depuis longtemps, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;un homme peut s&rsquo;int&eacute;resser &agrave; qui je suis
r&eacute;ellement. Je sais que mon visage doit &ecirc;tre ravag&eacute;, mais je m&rsquo;en moque, plus
rien n&rsquo;a d&rsquo;importance en ce moment. 
</p>
<p>
Apr&egrave;s un bon quart d&rsquo;heure
d&rsquo;inaction, l&rsquo;homme s&rsquo;allume une deuxi&egrave;me cigarette et me tend le paquet. Je
n&rsquo;ai jamais fum&eacute;, mais pour la beaut&eacute; du geste, j&rsquo;accepte son invitation
tacite. Il me pr&ecirc;te ensuite son briquet, et j&rsquo;allume &agrave; mon tour mon petit
cylindre de tabac et aspire une bouff&eacute;e de substance toxique. Ma gorge me pique
et j&rsquo;ai un mauvais go&ucirc;t de fum&eacute;e dans la bouche, mais peu importe.
</p>
<p>
Nous restons encore quelques
instants ensemble, puis l&rsquo;homme me fait un petit signe de la t&ecirc;te, se retourne
et rentre chez lui. Je me sens bizarre, mais heureuse. Je n&rsquo;ai jamais rien v&eacute;cu
d&rsquo;aussi intense et j&rsquo;aimerais revoir cet homme. En m&ecirc;me temps, la magie de ce
moment tient aussi &agrave; son c&ocirc;t&eacute; &eacute;ph&eacute;m&egrave;re.
</p>
<p>
Un peu plus tard, je reprends le
chemin de chez moi en courant. En arrivant &agrave; mon appartement, je me glisse
entre mes draps et m&rsquo;endors sereine. Pour une fois, je sais que je serai
contente de me lever demain pour voir ce que la vie a d&rsquo;autre &agrave; me proposer&hellip;
</p>
]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-7.html</link>
<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 16:07:19 +0100</pubDate>
</item>
<item>
<title>Portrait d'un personnage</title>
<description><![CDATA[<p>
<span>Je m&rsquo;appelle Rapha&euml;l et j&rsquo;ai 35 ans.
Physiquement, je ne me trouve pas trop mal. Je suis grand, mince, j&rsquo;ai des
cheveux noirs et hirsutes, de grands yeux verts, un nez qui me donne du
caract&egrave;re et des mains fines. J&rsquo;habite dans un grand appartement lumineux situ&eacute;
dans une petite ville du nom de Mars. Je suis chercheur, je travaille dans un
laboratoire pharmaceutique et j&rsquo;exp&eacute;rimente de nouveaux m&eacute;dicaments.</span>
</p>
<p>
<span>Ce soir, je suis assis &agrave; la table de ma cuisine
et je fume cigarette sur cigarette en buvant une bouteille de vodka qu&rsquo;un de
mes amis m&rsquo;a ramen&eacute;e de Russie. Je me sens vide. Ma vie ne me convient plus,
j&rsquo;ai du mal &agrave; lui donner un sens. J&rsquo;ai toujours essay&eacute; de comprendre le monde &agrave;
l&rsquo;aide de la science et je n&rsquo;ai jamais cru en Dieu. Je ne laisse pas de place &agrave;
l&rsquo;impr&eacute;vu dans ma vie, j&rsquo;ai syst&eacute;matiquement besoin de donner une explication
rationnelle &agrave; ce que je vis et de garder le contr&ocirc;le permanent sur mon
existence. C&rsquo;est pourquoi, j&rsquo;&eacute;vite les situations o&ugrave; je me sens perdu et ins&eacute;curis&eacute;.</span>
</p>
<p>
<span>J&rsquo;ai &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; par des parents catholiques et
pratiquants. Ma famille et moi allions &agrave; l&rsquo;&eacute;glise r&eacute;guli&egrave;rement. J&rsquo;ai toujours
pens&eacute; que mes g&eacute;niteurs &eacute;taient croyants parce qu&rsquo;ils avaient peur de la mort
et qu&rsquo;ils avaient besoin de se rassurer et de trouver un &eacute;chappatoire &agrave; la
r&eacute;alit&eacute; insoutenable de l&rsquo;existence physique. Je me suis battu pour me lib&eacute;rer
de leur influence et pour trouver mon propre chemin loin des sentiers de la
foi. Je pensais que la science &eacute;tait la meilleure alternative pour me sentir
libre, et c&rsquo;est pourquoi je me suis orient&eacute; dans cette voie.</span>
</p>
<p>
<span>Aujourd&rsquo;hui, je ne suis plus tr&egrave;s convaincu de
mon choix. J&rsquo;ai peur de l&rsquo;avenir et je trouve le monde triste sans symbolisme.
L&rsquo;amour reste un grand myst&egrave;re pour moi&nbsp;; je me demande si les ph&eacute;romones
suffisent &agrave; l&rsquo;expliquer, et j&rsquo;esp&egrave;re secr&egrave;tement que ce n&rsquo;est pas le cas. Je
suis c&eacute;libataire depuis trois ans et je ne sais pas comment aborder les femmes.
J&rsquo;aimerais rencontrer une personne qui pourrait m&rsquo;apprendre &agrave; aimer et &agrave;
appr&eacute;cier la vie, mais j&rsquo;esp&egrave;re que j&rsquo;aurai la patience de l&rsquo;attendre&nbsp;;
rien n&rsquo;est moins s&ucirc;r&hellip;</span>
</p>
<p>
<span>A c&ocirc;t&eacute; de moi, sur la table, sont pos&eacute;s
diff&eacute;rents bocaux remplis de pilules diverses. Je sais exactement quelle dose
de chaque produit je devrais prendre pour attenter &agrave; ma vie, j&rsquo;h&eacute;site encore
beaucoup, mais mon mal &ecirc;tre me pousse gentiment &agrave; commettre l&rsquo;irr&eacute;parable&hellip;</span>
</p>
<span></span>
]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-6.html</link>
<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 11:58:11 +0100</pubDate>
</item>
<item>
<title>Présentation personnelle pour le groupe d'écriture</title>
<description><![CDATA[<p>
<span>J&rsquo;aime manger de la soupe et de la
tarte aux pommes en hiver, &eacute;couter de la musique le soir avant de m&rsquo;endormir,
la philosophie de Kierkegaard et de Sartre, les <em>Chroniques de San Francisco </em>d&rsquo;Armistead Maupin, regarder des films
dans le train en rentrant chez moi le week end, aller au cin&eacute;ma seule ou
accompagn&eacute;e, regarder des niaiseries &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision pour d&eacute;compresser de mes
grosses journ&eacute;es de cours, boire du vin rouge, red&eacute;couvrir des souvenirs
oubli&eacute;s, monter &agrave; cheval, faire de nouvelles rencontres enrichissantes et
visiter des endroits que je ne connais pas.</span>
</p>
<p>
<span>J&rsquo;adore boire du th&eacute; sur le rebord
de ma fen&ecirc;tre ouverte, les soirs d&rsquo;orage, en &eacute;coutant les diff&eacute;rents bruits de la
rue. J&rsquo;adore les discussions profondes, r&eacute;soudre des questionnements
existentiels, fumer ma premi&egrave;re cigarette du matin et avoir la t&ecirc;te qui tourne
l&eacute;g&egrave;rement, prendre du plaisir en dansant et qu&rsquo;on en prenne aussi en me
regardant, sentir le shampooing qui coule sur mes cheveux mouill&eacute;s, manger des
biscuits et du fromage de ch&egrave;vre, qu&rsquo;on m&rsquo;embrasse tendrement sous la neige, ma
relation avec ma m&egrave;re et la vie dans son ensemble.</span>
</p>
<p>
<span>Je regrette que la religion de mon
p&egrave;re m&rsquo;ait emp&ecirc;ch&eacute;e d&rsquo;assister &agrave; son enterrement, que sa maladie mentale ne
m&rsquo;ait pas permis d&rsquo;avoir une relation &eacute;panouissante avec lui et que mes manques
affectifs dus &agrave; son absence aient influenc&eacute; mes premi&egrave;res relations amoureuses.
</span>
</p>
<p>
<span>Je n&rsquo;aime pas les &oelig;ufs, le beurre et
le lait, avoir mal au ventre, m&rsquo;ennuyer, les mus&eacute;es de peinture (sauf dans
quelques cas pr&eacute;cis), les crocodiles, perdre de vue des gens qui comptaient
beaucoup dans ma vie auparavant, qu&rsquo;il pleuve sur la neige et les t&ecirc;tes en
chocolat.</span>
</p>
<p>
<span>Je d&eacute;teste que ma logeuse accapare
tout mon temps de r&eacute;pit quand je rentre le soir, me sentir perdue vis-&agrave;-vis
d&rsquo;une situation complexe, subir des reproches qui me semblent injustifi&eacute;s, ne
pas r&eacute;ussir &agrave; comprendre quelque chose et les ruptures.</span>
</p>
<font size="3"><span style="font-size: 15pt"><font size="4"></font></span></font>
]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-5.html</link>
<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 11:52:52 +0100</pubDate>
</item>
<item>
<title>Evocation rendue le 1.02.08</title>
<description><![CDATA[<span style="font-family: Arial"><font size="3"></font></span><span style="font-family: Arial"><font size="3">
<p align="center">
<span>&quot;L&rsquo;absence est une ride du souvenir.</span> <span><font size="4"><font size="3">C&rsquo;est la douceur d&rsquo;une caresse, un petit po&egrave;me oubli&eacute; sur la table.&quot;</font> </font></span>
</p>
<p align="right">
<font size="2"><span><span style="font-family: Arial"><span>&nbsp;</span>(T. Ben Jelloun)</span></span> </font>
</p>
<p align="left">
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Assise sur le rebord de la fen&ecirc;tre ouverte, en cette fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi d&rsquo;automne, je sens le souffle frais du vent qui fr&ocirc;le ma joue, me rappelant la caresse h&eacute;sitante d&rsquo;un amant timide.</span> </font>
</p>
</font></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Je le regarde entra&icirc;ner les feuilles mortes dans une ronde, les faire virevolter, autour du vieux ch&ecirc;ne du jardin, seul t&eacute;moin in&eacute;branlable de ma vie, pilier solide aux pieds duquel je suis libre de construire d&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;res cabanes, que je dois ensuite accepter de voir plier sous la pression, parfois l&eacute;g&egrave;rement trop forte, des intemp&eacute;ries.</span> </font>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">La danse a&eacute;rienne de ces feuilles aux couleurs chatoyantes ravive en moi l&rsquo;agr&eacute;able souvenir de nos chaudes soir&eacute;es d&rsquo;&eacute;t&eacute; o&ugrave; nous parlions, jusqu&rsquo;&agrave; une heure avanc&eacute;e, &agrave; la lueur dor&eacute;e des flammes des bougies, et remplit mon c&oelig;ur d&rsquo;une tendresse &agrave; peine teint&eacute;e d&rsquo;une douce tristesse.</span> </font>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<span style="font-family: Arial"><font size="2">Je ferme les yeux, un instant, et me laisse emporter par la vague des images de ce temps d&eacute;sormais r&eacute;volu, que j&rsquo;oublie parfois, mais auquel je repenserai toujours avec joie. </font></span>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Les coins de ma bouche se soul&egrave;vent, dressant l&rsquo;&eacute;bauche d&rsquo;un sourire serein sur mon visage, et soulignant les sillons, signes de sagesse, que la vie a creus&eacute;s sur mon front.</span> </font>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Sur l&rsquo;&eacute;tag&egrave;re, gliss&eacute; entre deux pages de l&rsquo;album photo, repose le dernier vestige de l&rsquo;ancienne fusion de nos &acirc;mes, aujourd&rsquo;hui d&eacute;sunies&nbsp;: les ultimes paroles que tu m&rsquo;avais adress&eacute;es, sous la jolie forme d&rsquo;un petit po&egrave;me d&rsquo;au revoir, de nombreuses ann&eacute;es auparavant, en ce matin printanier o&ugrave; le soleil peinait &agrave; percer l&rsquo;&eacute;paisseur des nuages, mais o&ugrave; les fleurs embaumaient l&rsquo;atmosph&egrave;re de leur d&eacute;licat parfum et o&ugrave; les oiseaux la r&eacute;chauffaient de leurs m&eacute;lop&eacute;es enjou&eacute;es.</span> </font>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Dehors, la brise l&eacute;g&egrave;re est retomb&eacute;e, permettant aux feuilles de retrouver tranquillement leur place sur le sol. A leur image, mes souvenirs regagnent, peu &agrave; peu, leur emplacement dans l&rsquo;&eacute;pais volume de ma m&eacute;moire.</span> </font>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Une fois cet imposant recueil r&eacute;organis&eacute;, je le saisis de mes mains, encore imperceptiblement tremblantes d&rsquo;&eacute;motion, et le range &agrave; c&ocirc;t&eacute; des autres ouvrages qui composent ma vie et l&rsquo;alimentent.</span> </font>
</p>
<span style="font-family: Arial"></span>
<p>
<font size="2"><span style="font-family: Arial">Mon c&oelig;ur est paisible, mon visage radieux. Je ressens un sentiment de bien &ecirc;tre que plus rien ne perturbe. Je sais que je peux d&eacute;sormais songer au pass&eacute; avec s&eacute;r&eacute;nit&eacute;, n&rsquo;&eacute;prouvant plus que l&rsquo;once d&rsquo;une m&eacute;lancolie ayant la d&eacute;licatesse de l&rsquo;affectueuse main qui effleurait ma peau de ses fins doigts gant&eacute;s de la plus douce des soies...</span> </font>
</p>
<p>
<span style="font-family: Arial"><font size="2"></font></span>
</p>
<p align="right">
<span style="font-family: Arial"><font size="2">&nbsp;Awa</font></span> 
</p>
]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-3.html</link>
<pubDate>Tue, 19 Feb 2008 21:25:46 +0100</pubDate>
</item>
<item>
<title>Evocation rendue le 30.11.07</title>
<description><![CDATA[<p align="center">
<span><font size="3">&nbsp;&quot;Quand tu aimes, il faut partir&quot;</font></span> 
</p>
<p align="right">
<font size="3"><span></span></font><font size="2"><span>(Blaise Cendrars)</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>La nuit froide et &eacute;paisse m&rsquo;englobe, moi, ch&eacute;tif papillon. Perdu, seul au milieu de cette immensit&eacute; noire mouchet&eacute;e de quelques maigres lueurs incertaines, je me sens attir&eacute;, tel le navigateur &eacute;puis&eacute; qui aper&ccedil;oit enfin la terre promise, par l&rsquo;&eacute;clat accueillant de la flamme dansante du feu encore lointain.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>A coups de petits battements d&rsquo;ailes furtifs, je m&rsquo;approche lentement de cette attractive lumi&egrave;re dont la douce clart&eacute; illumine l&rsquo;oppressante noirceur du ciel, cette providentielle sauveuse envoy&eacute;e pour m&rsquo;arracher aux flots trop tranquilles de la mare d&rsquo;&eacute;b&egrave;ne sur laquelle je vogue, abandonn&eacute; &agrave; moi-m&ecirc;me, depuis si longtemps.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>Arrivant au terme de ma qu&ecirc;te et pouvant presque fr&ocirc;ler mon but, je prends, soudain, conscience de l&rsquo;aspect inqui&eacute;tant de l&rsquo;objet de mon d&eacute;sir dissimul&eacute; jusqu&rsquo;alors. A ses pieds, les corps inertes de tous les inconscients, n&rsquo;ayant pas su r&eacute;sister aux aguichants clins d&rsquo;&oelig;il que leur adressait la chaude flamme dor&eacute;e, jonchent le sol.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>Tout &agrave; coup, la peur m&rsquo;assaille. Vais-je, moi aussi, succomber &agrave; la tentation, incapable de r&eacute;sister &agrave; mon envie de toucher au paradis, ne serait-ce qu&rsquo;un instant, avant de descendre en enfer&nbsp;? Ne suis-je que le perdant pr&eacute;destin&eacute; de ce jeu dangereux dans lequel je me suis engag&eacute; malgr&eacute; moi&nbsp;? Le pion, sans volont&eacute;, pr&ecirc;t &agrave; se faire manger, docilement, par la calculatrice reine du camp adverse qui ne veut que ma perte&nbsp;?</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>La reine en question, dont l&rsquo;apparente chaleur dissimule un c&oelig;ur glacial, ondule langoureusement et use de ses charmes pour m&rsquo;app&acirc;ter. Pouss&eacute; par mes sens, comme le loup affam&eacute; vers la blanche brebis, je suis &agrave; deux doigts de c&eacute;der &agrave; ses avances pressantes.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>Je ne suis qu&rsquo;un &ecirc;tre comme tous les autres, soumis aux lois divines de la nature, guid&eacute; par des &eacute;l&eacute;ments ind&eacute;pendants de ma volont&eacute;. Mais ne suis-je que leur pantin articul&eacute;&nbsp;? Les bataillons au service de ma raison t&eacute;moignent du contraire.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>A cet instant, un combat int&eacute;rieur entre conscience et instinct s&rsquo;engage. Les puissances &eacute;gales des deux forces en pr&eacute;sence rendent le d&eacute;nouement de la bataille incertain. Attirance et r&eacute;pulsion se confondent dans un furieux corps &agrave; corps dont l&rsquo;issue d&eacute;terminera mon sort. La premi&egrave;re semble, tout d&rsquo;abord, prendre le dessus, mais, au moment o&ugrave; sa victoire semble certaine, sa rivale, &agrave; l&rsquo;air r&eacute;sign&eacute;, la prend par surprise et lui ass&egrave;ne un coup fatal.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>Ayant retrouv&eacute; mes esprits, je m&rsquo;&eacute;loigne promptement du d&eacute;mon, au costume d&rsquo;ange, dont la main de fer gant&eacute;e de velours &eacute;tait sur le point de saisir ma fr&ecirc;le enveloppe de l&eacute;pidopt&egrave;re.</span> </font>
</p>
<p>
<span></span><span><font size="2">Un peu plus loin, forc&eacute; de m&rsquo;arr&ecirc;ter pour reprendre mon souffle, j&rsquo;observe, &agrave; distance, la sinistre &eacute;l&eacute;gance, qui continuera &agrave; captiver des centaines d&rsquo;&eacute;gar&eacute;s, de la t&eacute;n&eacute;breuse d&eacute;esse qui aurait pu m&rsquo;offrir un bref instant d&rsquo;extase, avant de me prendre mon c&oelig;ur et d&rsquo;abandonner ma carcasse inhabit&eacute;e au milieu de la ruine de ses d&eacute;sirs pass&eacute;s. </font></span>
</p>
<p>
<span></span><font size="2"><span>Je m&rsquo;impr&egrave;gne encore, quelques secondes, de la majestueuse image de la flamme ondoyante, puis, je reprends ma route, ne gardant que le douloureux souvenir de ce qui fut ma plus grande faiblesse.</span><span>&nbsp;</span> </font>
</p>
<p align="right">
<span></span><span style="font-family: Gautami"><font size="2">Awa</font></span> 
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]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-2.html</link>
<pubDate>Tue, 19 Feb 2008 20:45:49 +0100</pubDate>
</item>
<item>
<title>Nouvelle rendue en 2006</title>
<description><![CDATA[<p align="center">
<font size="3"><span>&nbsp;</span><span>&quot;Destins crois&eacute;s&quot;&nbsp;</span></font> 
</p>
<p>
<font size="2"><span>Gare de Boston, lundi 22 octobre 2007, 6h12&nbsp;: un sans-abri aux pantoufles &agrave; carreaux dort sur l&rsquo;escalier, un architecte en costard tr&egrave;s classe va travailler, une jolie femme v&ecirc;tue d&rsquo;une robe l&eacute;g&egrave;re s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; prendre le train pour New-York, et un homme d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;, tenant &agrave; la main un sac en plastique rempli d&rsquo;une plaque de chocolat et de 6 bouteilles de bi&egrave;re, se tient le front en soupirant. Ces quatre personnes ne se connaissent pas et ne font pas attention les unes aux autres, pourtant dans quelques minutes, leur destin sera &agrave; jamais li&eacute;. Mais pour l&rsquo;heure, elles ne se soucient que de cette nouvelle semaine qui commence.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Jean-Baptiste Grimbert est Fran&ccedil;ais et a fait des &eacute;tudes litt&eacute;raires. Il y a trois ans, il a quitt&eacute; son poste d&rsquo;&eacute;diteur &agrave; Paris pour venir s&rsquo;installer aux Etats-Unis, car il s&rsquo;&eacute;tait vu proposer un poste dans une grande maison d&rsquo;&eacute;dition bostonienne.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Trois ans plus t&ocirc;t, Jean-Baptiste abandonne donc son emploi &agrave; Paris pour recommencer une nouvelle vie &agrave; Boston. D&egrave;s son arriv&eacute;e, sa situation s&rsquo;am&eacute;liore consid&eacute;rablement. Son salaire est deux fois plus &eacute;lev&eacute; qu&rsquo;avant, et il m&egrave;ne une vie confortable dans un bel appartement lumineux situ&eacute; dans un quartier tranquille. Jean-Baptiste n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; aussi heureux, il aime l&rsquo;ambiance et la culture de cette ville et s&rsquo;adapte tr&egrave;s vite au mode de vie am&eacute;ricain. Malheureusement, le bonheur n&rsquo;est pas &eacute;ternel, et deux ans et demi plus tard, Jean-Baptiste voit sa vie prendre un nouveau virage.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>F&eacute;vrier 2007, la maison d&rsquo;&eacute;dition o&ugrave; travaille Jean-Baptiste est en d&eacute;ficit, la pression de la concurrence devient trop forte et les clients se rar&eacute;fient. L&rsquo;entreprise tente de diminuer les frais, mais les dettes continuent de s&rsquo;accumuler et l&rsquo;entreprise finit par devoir fermer ses portes le 13 avril.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Du jour au lendemain, Jean-Baptiste se retrouve &agrave; la porte, avec des charges qu&rsquo;il ne peut plus assumer et la g&eacute;rance de son appartement le met dehors. Nous sommes le 16 juin, Jean-Baptiste est effondr&eacute;, il n&rsquo;a plus de travail, plus de logement et plus d&rsquo;argent.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Aujourd&rsquo;hui, il r&eacute;ussit &agrave; se nourrir gr&acirc;ce &agrave; la compassion des passants et &agrave; quelques petits jobs passagers, mais ses maigres &eacute;conomies ne lui permettent pas de retrouver un appartement et il doit, chaque jour, trouver un nouvel endroit o&ugrave; passer la nuit. La seule chose qui le raccroche encore &agrave; la vie, c&rsquo;est l&rsquo;&eacute;criture. Il tra&icirc;ne partout son petit calepin rouge, et s&rsquo;inspire de son entourage pour raconter de petites nouvelles. Il esp&egrave;re qu&rsquo;un jour, il trouvera quelqu&rsquo;un pour les publier, et qu&rsquo;il pourra, ainsi, remonter la pente et retrouver une situation correcte.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>John McHale m&egrave;ne une petite vie bien rang&eacute;e. Il occupe, depuis quatre ans maintenant, un poste important dans un cabinet d&rsquo;architectes r&eacute;put&eacute;, il prend le train chaque matin &agrave; 5h37 pour se rendre sur le lieu de son travail, et le reprend chaque soir &agrave; 18h04 pour regagner son appartement &agrave; l&rsquo;autre bout de la ville. John habite avec sa femme Jessica dans un 6 pi&egrave;ces spacieux et moderne situ&eacute; dans un quartier tr&egrave;s pris&eacute;. Il est tr&egrave;s heureux en m&eacute;nage et envisage d&rsquo;avoir des enfants, deux, une fille et un gar&ccedil;on si possible. Il fait 1h de jogging avec son labrador tous les dimanches matin et mange une entrec&ocirc;te tous les dimanches midi. Sa femme lui cuisine de bons petits plats, lui repasse ses chemises, s&rsquo;occupe de garder l&rsquo;appartement en ordre et lui fait l&rsquo;amour quand il en a envie, sans jamais se plaindre. John a donc le kit complet de la famille parfaite.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Meryl Brandon a 21 ans, un corps qui ferait saliver d&rsquo;envie de nombreuses femmes et un visage de porcelaine encadr&eacute; par une tignasse &eacute;paisse de cheveux noirs. Elle travaille dans le mannequinat depuis maintenant deux ans, et elle d&eacute;croche quelques contrats int&eacute;ressants avec de grandes marques. Mais, malgr&eacute; son succ&egrave;s naissant, Meryl reste la m&ecirc;me personne. Elle a toujours &eacute;t&eacute; une fille simple, discr&egrave;te, souriante et &agrave; l&rsquo;&eacute;coute des autres, et son travail n&rsquo;y change absolument rien. Elle continue d&rsquo;&ecirc;tre tr&egrave;s proche de sa famille et de ses amis qui restent sa priorit&eacute;.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Aujourd&rsquo;hui, Meryl doit se rendre &agrave; New-York pour la semaine, afin de faire une s&eacute;rie de s&eacute;ances photos pour son book. Elle n&rsquo;est pas emball&eacute;e &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de devoir passer toute une semaine loin de son compagnon qu&rsquo;elle voit d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s peu, mais elle esp&egrave;re qu&rsquo;elle pourra bient&ocirc;t prendre une semaine de vacances pour partir avec lui aux Bahamas.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Robert Brashares a le moral dans les chaussettes depuis que sa femme Ann l&rsquo;a quitt&eacute;, il y a deux mois de cela. Leur couple battait de l&rsquo;aile depuis quelques temps d&eacute;j&agrave;, mais Robert pensait pouvoir r&eacute;parer les pots cass&eacute;s et repartir du bon pied. Ann n&rsquo;&eacute;tait apparemment pas de son avis, et elle avait d&eacute;cid&eacute; de mettre fin &agrave; leur relation et de demander le divorce.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Robert a 54 ans. Il avait &eacute;pous&eacute; Ann quand il en avait 33 et pensait finir sa vie avec elle. Ils avaient eu trois enfants de leur mariage&nbsp;: deux filles de 19 et 17 ans, Lisa et Carol, et un gar&ccedil;on de 15 ans, Peter. D&eacute;sormais, Ann habite &agrave; Washington avec les trois enfants et Robert ne les voit plus qu&rsquo;un week-end par mois. Il ne supporte pas l&rsquo;id&eacute;e de vivre loin d&rsquo;eux et pleure chaque soir au moment o&ugrave; il doit se coucher dans le lit qu&rsquo;il a partag&eacute; avec sa femme pendant 20 ans.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Depuis que sa famille est partie, Robert ne prend plus soin de lui, il fonctionne comme un automate et n&rsquo;a plus go&ucirc;t &agrave; la vie. Avant, il mettait un soin particulier &agrave; choisir sa tenue tous les matins, maintenant, il enfile le premier pantalon et la premi&egrave;re chemise venus et il fait la lessive le moins possible. Il ne sort de chez lui que pour aller travailler (il est programmeur dans une bo&icirc;te d&rsquo;informatique) et il mange mal. Il se nourrit exclusivement de plats &agrave; r&eacute;chauffer et de conserves et il n&rsquo;ach&egrave;te plus le moindre aliment frais. Il ne rend plus visite, ni &agrave; sa famille, ni &agrave; ses amis, ne r&eacute;pond plus au t&eacute;l&eacute;phone et voit la mort comme une d&eacute;livrance.</span> </font>
</p>
<p>
<font size="2"><span>Gare de Boston, lundi 22 octobre 2007, 6h14&nbsp;: un kamikaze entre dans le hall de la gare et, 30 secondes plus tard, une d&eacute;tonation retentit. L&rsquo;explosion tue au passage les quatre personnes pr&eacute;sentes sur les lieux&nbsp;: Jean-Baptiste Grimbert, John McHale, Meryl Brandon et Robert Brashares. Ces quatre &ecirc;tres qui ne se connaissaient ni d&rsquo;Eve, ni d&rsquo;Adam, et qui n&rsquo;avaient rien en commun, virent donc leur route se terminer au m&ecirc;me moment, en ce jour d&rsquo;octobre qui commen&ccedil;ait pourtant comme tous les autres.</span> </font>
</p>
<span></span>
<p align="right">
<span><font size="2">Awa</font></span> 
</p>
]]></description>
<link>http://awa.noxblog.com/article-1.html</link>
<pubDate>Tue, 19 Feb 2008 20:15:43 +0100</pubDate>
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